Interview – L’art de s’habiller à la française

Radio interview avec allure et style

Radio Darmstadt : Notre invitée, Carine Landau, est en studio. Bonsoir !

Carine Landau : Bonsoir !

RD : Vous faites du Conseils en Image, Allure & Style. Comment vous est venue cette idée ? Est-ce qu’un jour en marchant dans la rue vous vous êtes dit : « Les gens ne savent pas s’habiller. Il y a un business à créer pour remédier à cela. » ?

CL : Cela ne s’est pas passé tout à fait comme ça. L’idée pourrait avoir germé ainsi mais tout d’abord cela a été un loisir. J’ai pu accompagner mes collègues, mes amis qui m’ont demandé des conseils. Et puis un jour, je suis arrivée à un point dans ma vie, où je me suis dit : « Qu’est-ce que j’ai vraiment envie de faire ? » Et bien, j’ai envie de lier la beauté, l’image, l’esthétisme à ce que je connaissais c’est-à-dire au business. Et voilà, j’ai créé ma société de Conseils en Image pour lier les deux. Pour lier cet aspect finalement financier, parce que l’on va souvent se lancer dans un programme comme cela pour conquérir un nouveau job, une nouvelle image.

RD : Vous avez un site internet sur lequel on peut lire que vous avez vadrouillé de Bombay à Paris, en passant par Londres. Vous avez donc un profil international. Est-ce que cela vous aide dans votre activité ? Ou est-ce que finalement le pays de la mode, c’est la France et être Française est, finalement, un avantage suffisant ?

CL : Être Français est une spécificité et un atout. Mais c’est également juste un élément dans ce que j’apporte à mes clients. Je suis Française et fière de l’être. C’est dans ce contexte que l’on se rencontre ce soir. Mais c’est vraiment l’ensemble de mon parcours qui m’a permis de créer ma société et d’accompagner, aujourd’hui, mes clients avec succès.

RD : Est-ce que d’après vous, on vit dans une société de l’apparence voir de la superficialité ?

CL : Je ne le conçois pas du tout comme cela. A mon sens, il est important de se sentir bien dans ses baskets, dans ses talons. On a des Dames ce soir. Il est donc important d’être bien avec soi-même en premier. Effectivement, on est dans une société de l’image. C’est vrai. Mais tout le monde doit s’habiller alors autant le faire avec panache.

RD : Sur votre site internet, vous écrivez : « La première impression compte. Que faites-vous de ces quelques secondes stratégiques ? » Est-ce qu’en renvoyant une bonne image de soi, on se retire la pression de ces premières secondes stratégiques ?

CL : On se sent bien dans ses baskets, avec soi-même. Et du coup, on est prêt, on est là, on donne le meilleur de soi-même en étant à l’aise, en phase, avec ses valeurs, avec ses priorités, avec son image.

RD : Finalement, qu’est-ce que c’est avoir du style ?

CL : C’est répondre à sa personnalité, à ses priorités, à ses envies, à ses aspirations. Avoir du style, c’est finalement être soi, c’est correspondre à votre personnalité. Votre style, c’est vous !

RD : C’est l’authenticité en fait ?

CL : Absolument ! C’est un moment clé. Je ne camoufle personne. Je ne déguise personne. C’est vraiment l’idée des premières questions que je vais poser en entretien. On est dans cette question de « Qui je suis ? » « Quelle image je veux renvoyer ? » On est dans cette quête de soi puisque le Conseil en Image est un outil de développement personnel.

RD : Mais il y a des personnes qui n’ont n’a pas assez confiance en elles, pour dire « Qui suis-je ? ». Comment arriver à les faire parler pour qu’elles aient confiance en vous et pour découvrir leur propre personnalité ? Face à la pression sociale, elles ne se sentent pas vraiment elles-mêmes et authentiques. Il y a une grosse pression sociale au niveau de l’image que l’on est censé donner. Alors comment faites-vous ?

CL : Tout d’abord, notre travail se passe dans la plus grande confidentialité. On en parlait, à l’instant, les personnes qui acceptent de témoigner sur mon site ou, en général, sur les réseaux, ont donné leur consentement. On est dans une démarche discrète. Votre mari, votre femme n’est pas obligé d’être au courant que l’on a travaillé ensemble. Ensuite, pour instaurer la confiance, il faut que l’on se rencontre. Je pose de nombreuses questions. Les personnes me donnent les informations selon jusqu’où elles sont prêtes à aller. Moi, j’ai besoin du plus de détails possibles, pour pouvoir les accompagner au mieux. Mais libres à elles de me livrer ce qu’elles souhaitent bien me livrer. En termes d’image, c’est pareil. Qu’est-ce que l’on a envie de montrer aux autres. Jusqu’où êtes-vous prêt à aller pour montrer votre vraie personnalité, comme échangé précédemment ? La confiance en soi s’acquière aussi à travers une image positive, une image qui ressemble à ce que l’on a envie d’atteindre. Il s’agit d’un outil de développement personnel comme dit tout à l’heure. Cela prend du temps de savoir qui l’on est. C’est une quête. Une quête de vie.

RD : Ce que vous proposez est de devenir une meilleure version de soi-même ?

CL : Absolument. C’est très joliment dit.

RD : Vous écrivez sur votre site internet : « Je souhaite valoriser l’allure de chacun d’entre vous. Par un détail, par ce que je ne sais quoi, je vous démontre comment vous devez briller et ce sans grand effort. » Si vous deviez me donner un conseil sur un détail, sur mon style, mon image, quel serait-il ?

RD : Alors Alexandre, j’ai le regret de vous dire que je ne vous connais que depuis dix minutes. Depuis l’antenne. Donc c’est un peu trop court justement pour rentrer dans cette intimité, pour pouvoir vraiment vous guider. Après, cela peut être en fonction des critères de magazines, en fonction de mes critères à moi, mais on est dans cette recherche de ce que vous souhaitez et pas dans ce que moi je voudrais vous imposer. Par exemple, pour un homme, souhaite-t-il mettre en valeur ses épaules assez larges, ce que l’on va plutôt voir dans les magazines ? Pour une femme, va-t-elle vouloir ressembler à Kate Moss ou à Kim Kardashian ? On ne va pas du tout être sur les mêmes critères de beauté. Donc, c’est vraiment quelque chose de très personnel.

RD : Est-ce que l’on veut toujours ressembler à quelqu’un ? On peut ressembler à soi-même ?

CL : Absolument, on peut ressembler à soi-même mais donc pour vous répondre, j’ai besoin d’un peu plus d’informations sur vous Alexandre.

RD : Très bien. Cela nous permet de mieux comprendre comment vous travailler.

Vos trois villes de cœur sont Paris, la ville de vos débuts, Francfort, la ville où vous vivez actuellement, et Cannes, votre ville de cœur. Est-ce dans ces trois villes, on s’habille pareil pour avoir du style ? 

CL : Pas du tout. En plus, on ajoute le contexte. Par exemple, je vais à Cannes dans une perspective de loisirs, pour des vacances. Je fais un peu de Personal Shopping mais cela reste la ville parfaite pour se détendre, au bord de la mer. A Paris, on est plutôt dans une ville de business, assez stricte. On est aussi dans une ville de mode, de lumière. On est dans un autre style par rapport à Francfort très axée professionnelle aussi mais avec ce côté très pragmatique de l’habit.

RD : En effet, c’est très caractéristique de l’Allemagne. Pour moi, les Allemands s’habillent de façon pratique. Le vêtement doit être pratique avant d’être beau ou élégant.

CL : On peut combiner les deux.

RD : Ça c’est le top d’ailleurs !

Est-ce que vous prenez en compte où habite la personne pour la conseiller ?

CL : Absolument, c’est l’un des aspects à prendre en compte. Les codes de l’entreprise, les codes du pays. On est dans ses priorités à soi. Est-on une Maman ? Est-on une Business woman à 100% ? Ou pareil pour un homme, un Papa ou est-ce que l’on se concentre plus sur sa carrière ? Est-ce que l’on veut conjuguer les deux ? Comment fait-on ? On a besoin d’une tenue pratique qui s’adapte à notre rythme de vie, à nos habitudes, à nos envies. On est à la recherche de cet idéal pour se sentir bien, dans ses baskets ou dans ses talons. On peut faire du vélo en talons aussi !

DR : Bravo ! Pas en talons aiguilles quand même ?

CL : On choisit la hauteur et la largeur du talon. On adapte là aussi. Effectivement.

RD : On parle beaucoup de la French Touch. Vous en parlez aussi sur votre site internet. Qu’est-ce que c’est que cette fameuse French Touch qui fait notre renommée dans le monde entier ?

CL : La French Touch, à la radio, vous le savez, c’est un courant musical. On ne va pas vous voler la vedette. C’est la vôtre. Après, c’est aussi un art de vivre. Cela se retrouve au quotidien. C’est aussi la politesse. C’est aussi une façon d’être. C’est un art que l’on utilise de la mode à la musique. Cet art de vivre à la française se retrouve dans notre tenue, dans notre élégance. C’est ce que l’on voit à l’extérieur mais c’est aussi ce qui transparaît par les mots, par la façon d’être, par cette porte que l’on va tenir ou pas à la personne qui va être derrière nous. On est vraiment dans un équilibre. En termes de mode, cela vient aussi du fait que les couturiers au début du 20ème on dit : « OK la bourgeoisie, jusque-là vous aviez le leadership de choisir ce que la population portait » Puis, ils ont dit stop : « Nous souhaitons imposer notre mode et justement libérer les gens de certains carcans. » On pense à Chanel, à Dior, de grandes marques qui existent encore aujourd’hui. On n’oublie pas leur histoire avec ce côté libérateur. Peut-être que cette nouvelle phase du Covid va aussi nous apporter un vent nouveau parce que l’on a une adaptation des habitudes d’habillement qui suivent cette période un peu compliquée de ces derniers mois pour tous.

RD : Le Covid ne nous a pas arrangé. Dans l’ensemble, quand j’entends mes collègues : « On n’a besoin que de s’habiller en haut. » C’est un gros problème. « Mince, je dois avoir le haut qui correspond au bas, etc. » Cela devient intéressant, cette approche vestimentaire qui a évolué et les gens doivent changer leur état d’esprit au niveau vêtement maintenant.

CL : C’est pour cela que le choix du vêtement est d’abord pour soi, pour se sentir bien avec soi-même. Et ensuite, on est dans notre rôle. Porter un vêtement, c’est une protection face aux autres mais c’est aussi le moment où l’on endosse l’habit. L’acteur le fait. L’avocat aussi quand il porte sa robe. Mais nous, au quotidien, également. Quand on va mettre une veste, on ne va pas avoir cette même posture intellectuelle que quelqu’un qui va être en jogging ou en bas de pyjama. Après, les trainers de sport OK ils sont en jogging, ils sont dans leur rôle. Cela reste une exception puisqu’effectivement, trop souvent, après cette phase de Covid, on se pose des questions sur comment vais-je utiliser mon armoire ? Et malheureusement, il y a une partie de l’armoire qui n’a été bien utilisée ces derniers mois. Donc il faut remettre un peu d’ordre. Cela commence par cet ordre intellectuel de savoir quel message je veux envoyer. On n’est pas dans ce même état d’esprit comme vous le disiez. Si vous êtes en jogging ou pyjama, ce sera parfait pour être en mode créatif, en mode brainstorming, en mode j’ai envie de communiquer avec mes collègues. Quand vous avez une veste, vous allez être plutôt dans ce côté stratégique, dans ce côté logique pour votre entreprise. Incarnez donc ce rôle qui est le vôtre. Attention aux tâches que vous faites en fonction des tenues que vous portez.

RD : Merci ! Nous devons rendre l’antenne.

Pour en savoir plus sur Radio Darmstadt.

Derniers articles

Cannes

Pourquoi Cannes ? Qu’est-ce que cette ville a de si spécial pour toi ? Vous me posez souvent la question. Si Cannes s’est construite autour

Lire la suite