Interview – La French Touch

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Parlons de la French Touch avec StereoChic. Les terribles actualités météorologiques s’invitent, l’occasion de rappeler combien nous sommes tous acteurs de notre consommation. Écoutez ici le podcast.

StereoChic : Carine est en Allemagne, à Francfort. Tu aimes la mode. Tu proposes tes services pour soigner son look, soigner son image.

Il y a des gens pour qui c’est naturel de trouver les bonnes tenues, les belles couleurs qui s’assortissent bien. Il y en a d’autres, c’est moins leur truc. Pourtant en France, nous sommes dans un pays de mode. Est-ce que cette French Touch, on la retrouve un peu partout sur la planète ?

Carine Landau : C’est une différence, une richesse. En tant que Français à l’étranger, on a énormément de particularités. On a emmené toutes nos spécificités avec nous. La French Touch on la retrouve sur tous les continents. Vous le savez, tout d’abord, c’est un courant musical avec le succès planétaire de groupes très connus comme Daft Punk par exemple. Mais plus dans mon domaine, on est vraiment dans cet art de vivre, cette élégance, ce naturel, cette originalité, cette recherche de signature, de petites touches à nous et dans cette praticité, finalement, d’avoir un look qui va commencer le matin pour finir le soir. On ajoute, pour Madame, un peu de rouge à lèvres. Pour Monsieur, on peut aussi faire tomber la veste. On peut changer quelques articles de sa tenue. Il y a plusieurs combinaisons en fonction du rendez-vous prévu.

SC : Mais il faut quand même trouver un style qui correspond à sa personnalité ? Peut-être aussi à son métier ? Je ne suis pas habillé pareil en faisant de la radio et en étant tout seul dans mon studio qu’en étant commercial ou banquier par exemple. Mais il y a toujours une possibilité de trouver un style qui s’harmonise avec sa personnalité ?

CL : Absolument. Je commence par là. Qui êtes-vous ? Qui avez-vous envie d’incarner ? Quelle image avez-vous envie de montrer ? Généralement, on a envie de rester dans son rôle. On a envie de vraiment mettre en valeur ses forces. On est influencé bien sûr. On peut regarder les tendances, les magazines mais il est important de rester qui l’on est et de savoir ce que l’on a envie de renvoyer comme image. Effectivement, vos priorités dans la vie, votre rôle, votre environnement auront une influence. Par exemple, si vous passez votre vie au bureau ce ne sera pas la même chose que de partager votre journée entre votre journée professionnelle et vos responsabilités parentales. On n’aura pas le même costume à porter à ce moment-là. Cela ne veut pas dire que l’on oublie ce côté mode, au contraire. On s’adapte, par exemple, maintenant, ils font des tissus hyper pratiques. On n’a même plus besoin de les repasser. On est également dans une adaptation à son pays. On le disait l’autre fois. Je suis en Allemagne, aujourd’hui. Je suis Française. Je m’adapte. Quand je vais chercher mon fils en talons, parce que je n’ai pas eu le temps de me changer. Je sais que tous les regards se tourneront vers moi donc, généralement, je passe par les ballerines, avant de retourner chercher mon fils à l’école.

SC : Aujourd’hui, c’est quoi porter la French Touch ? Qu’est-ce qui caractérise cette French Touch ? Est-ce que c’est des couleurs, des formes, des matières ?

CL : C’est un look. C’est un état d’esprit. Cela vient de la haute couture. C’était au début du 19ème. Les couturiers ne souhaitent plus répondre uniquement aux codes imposés par la bourgeoisie. On y retrouve Dior, Channel. La mode s’ouvre. On libère la femme, puisque c’était surtout elle qui était sous contrainte vestimentaire, même si l’homme avait ses propres codes et restrictions. Du coup, on révèle ce côté rebelle de la mode. Je pense que le Covid va aussi laisser des traces et que l’on va pouvoir imposer ce côté encore plus rebelle, sans forcément tomber dans le jogging et le pyjama. La société est faite de cycles qui nous influencent et auxquels on s’adapte.

SC : Je parlais des banquiers tout à l’heure. Il y a encore une image très normée pour un certain nombre de métiers où il y a des tenues imposées avec encore la cravate, bien que la cravate soit en train, tout doucement, de vivre ses dernières heures.

CL : La cravate. Je ne la recommande jamais. Elle est un accessoire. On a tous, dans l’année, un mariage, un événement où on a besoin de la cravate. Donc on en a une dans son armoire mais on la choisit bien, comme le reste. Ce n’est pas forcément le cadeau de belle-mère que l’on va garder mais vraiment, on la choisit avec soin. Le marché de la cravate s’écroule tout comme celui du costume. Mais le costume aussi, on en a tous besoin d’un. Donc l’idée est de pouvoir transformer son costume en quelque chose de plus léger. On peut, par exemple, porter le blazer avec un jeans ou un chino. On dépareille et on ajoute sa fameuse touche à soi. Pour un homme, on ajoute une pochette, des boutons de manchettes, un bijou. Pour une femme, un foulard, un bijou. Il existe une liste immense à notre service. Ça serait trop dommage de rester sur ce costume deux pièces un peu ennuyeux. On peut vraiment ajouter sa touche personnelle.

SC : Les temps changent. On sent que cela bouge. Et si l’on veut être logique avec le sujet du début d’interview sur le respect de la planète, il y a un choix à faire aussi sur les matières lorsque l’on achète des habits aujourd’hui ?

CL : Il y a un choix de marques. Il y a un choix de prix. Quand on sait que l’on achète une chemise 20€, on se dit bien que, sans compter le transport, la fabrication, etc. on est sur des coûts extrêmement tirés. On a des doutes sur qui a travaillé sur ce vêtement à la base de la chaîne de production. Après, ce n’est pas forcément à bannir. C’est juste que cette pièce-là, on sait d’où elle vient et qu’il faut faire attention à la préserver et à renouveler sa garde-robe autour d’elle.

SC : Tu es en train de dire que si on veut s’habiller en respectant un peu plus la planète, cela va coûter beaucoup plus cher ?

CL : Je dis que cela a un certain coût effectivement mais souvent mettre le prix va permettre de fabriquer le vêtement dans des matières que l’on va pouvoir garder plus longtemps. Donc en effet, le choix des matières aussi est important. On privilégie des matières naturelles, des matières plus nobles. Quand je dis renouveler sa garde-robe, l’essentiel est vraiment de savoir jouer avec ce que l’on a dans son armoire actuellement. On prend cette fameuse chemise à 20€. On ne va pas la jeter parce qu’on a entendu Carine nous dire que ce n’était pas une bonne idée de l’avoir. Elle est là. Elle est produite. La matière est faite. La livraison aussi. Elle est dans mon armoire. Donc la jeter serait un gâchis complet. L’idée est de jouer avec et d’ajouter d’autres pièces par-dessus pour la rendre plus moderne ou de penser à la réparer. On est aussi dans un marché du vintage qui se développe beaucoup.

SC : Mon fils rentre d’avoir fait des courses. Il se retrouve chez Jules dans un rayon de jeans de deuxième main. Cela m’a beaucoup surpris que des enseignes commerciales se mettent à faire de la seconde main. Il y a pleins de friperies. Il y a pleins d’occasions d’acheter des fringues pas chères et qui peuvent donner un super look. Là, on résout le problème du prix.

CL : Absolument, il y a un problème d’image aussi de beaucoup de marques. Elles vont se diriger vers ce côté sustainability, diversité. « Attention, prenez soin des ressources, soin de la planète. Nous aussi, on le fait. » Donc il faut bien voir à qui on a à faire. Effectivement, la tendance est là et elle est bonne. Alors, on la suit !

SC : Si vous avez besoin d’être conseillé pour votre look, vous avez décidé de faire un choix vestimentaire et que ce que vous avez tenté ne va pas du tout, tournez-vous vers Carine. Elle s’occupera de vous avec plaisir. Merci d’avoir répondu à nos questions. Je vous souhaite un bel été et que les choses s’améliorent en Allemagne.

CL : Merci beaucoup ! L’essentiel est de se sentir bien avec soi-même. Donc bel été à toutes et à tous.

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